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LES MÉTIERS QUI RECRUTENTUI/UX Designer : pourquoi l’expérience utilisateur reste au cœur des projets numériques

23 sept.
7 min de lecture

Interface, ergonomie et compréhension des usages

Un site peut être graphiquement remarquable et pourtant difficile à utiliser.

Une application peut proposer de nombreuses fonctionnalités mais perdre son utilisateur dès les premières minutes.

Un logiciel professionnel peut être techniquement performant tout en compliquant inutilement une tâche quotidienne.

À mesure que les services, produits et expériences se numérisent, une question devient centrale :

Comment concevoir une expérience que l’utilisateur comprend, utilise et s’approprie facilement ?

C’est précisément le territoire des métiers de l’UI et de l’UX Design.

Mais derrière les interfaces visibles se cache un travail beaucoup plus large : comprendre les usages, organiser l’information, anticiper les comportements, simplifier les parcours, tester des hypothèses et construire une expérience cohérente.

Dans notre collection Les métiers qui recrutent, intéressons-nous aujourd’hui à ces profils situés au croisement du design, de l’usage et de la technologie.

Une interface ne se résume plus à son apparence

Pendant longtemps, lorsque l’on évoquait le design numérique, l’attention se portait principalement sur l’aspect graphique.

Aujourd’hui, ce n’est plus suffisant.

Un utilisateur attend qu’une expérience soit :

compréhensible • fluide • cohérente • accessible • efficace

Il veut savoir où cliquer.

Comprendre ce qu’on lui demande.

Trouver rapidement une information.

Pouvoir revenir en arrière.

Identifier une erreur.

Comprendre comment la corriger.

Passer facilement d’une étape à la suivante.

Autrement dit, il ne juge pas seulement ce qu’il voit.

Il expérimente la manière dont le produit fonctionne pour lui.

UI et UX : deux dimensions complémentaires

Les termes UI et UX sont fréquemment associés. Ils correspondent pourtant à deux dimensions distinctes de la conception.

UX — User Experience

L’UX Designer s’intéresse à l’expérience vécue par l’utilisateur.

Il cherche notamment à comprendre :

Qui utilise le produit ?

Pourquoi ?

Dans quel contexte ?

Pour accomplir quelle tâche ?

Quelles difficultés peuvent apparaître ?

Il travaille ainsi sur les parcours, l’architecture de l’information, les interactions, les besoins utilisateurs, les wireframes, les prototypes et les tests.

UI — User Interface

L’UI Designer intervient davantage sur la matérialisation visuelle de l’interface.

Typographies.

Couleurs.

Boutons.

Icônes.

Composants.

États interactifs.

Hiérarchie visuelle.

Cohérence graphique.

Design systems.

On pourrait résumer leur complémentarité ainsi :

UX : comment l’expérience fonctionne.

UI : comment l’interface permet de comprendre et d’utiliser cette expérience.

Selon les organisations et la taille des équipes, ces responsabilités peuvent être séparées ou regroupées au sein d’un même poste de UI/UX Designer.

Pourquoi ces compétences restent-elles importantes ?

Parce que les interfaces sont partout.

Sites et applications bien sûr, mais également logiciels professionnels, plateformes de services, jeux vidéo, outils industriels, tableaux de bord, expériences immersives, objets connectés ou dispositifs interactifs.

Plus les possibilités techniques augmentent, plus un paradoxe apparaît :

la technologie peut devenir plus complexe, mais son utilisation doit rester compréhensible.

Ajouter des fonctionnalités n’améliore pas automatiquement l’expérience.

L’enjeu consiste souvent à rendre cette complexité invisible ou suffisamment intelligible pour l’utilisateur.

C’est là que les compétences UI/UX prennent toute leur valeur.

Comprendre les usages avant de dessiner les écrans

Un UI/UX Designer ne commence pas nécessairement son travail en choisissant des couleurs.

Il faut d’abord comprendre le problème.

Qui sont les utilisateurs ?

Que cherchent-ils à accomplir ?

Quels sont leurs comportements ?

Quelles sont leurs difficultés ?

Quelles informations doivent être immédiatement accessibles ?

Quelles étapes peuvent être simplifiées ?

Cette phase permet de passer d’une logique centrée sur le produit :

« Voici les fonctionnalités que nous voulons proposer. »

à une logique davantage centrée sur l’usage :

« Comment permettre à l’utilisateur d’accomplir ce qu’il cherche à faire ? »

Observer, concevoir, tester, améliorer

Le travail UI/UX repose rarement sur une solution imaginée une fois pour toutes.

Il fonctionne davantage comme une boucle :

COMPRENDRE → STRUCTURER → PROTOTYPER → TESTER → OBSERVER → AMÉLIORER

Un prototype permet par exemple de tester un parcours avant que l’ensemble du produit ne soit développé.

L’utilisateur trouve-t-il l’information ?

Comprend-il le bouton ?

Suit-il le parcours imaginé ?

Hésite-t-il ?

Revient-il en arrière ?

Commet-il régulièrement la même erreur ?

Ces comportements produisent de l’information.

Le designer peut ensuite ajuster son travail.

L’ergonomie : réduire les frictions inutiles

L’un des enjeux de l’UI/UX consiste à réduire les points de friction.

Une friction peut être très simple :

un bouton difficile à identifier,

une information mal placée,

un vocabulaire incompréhensible,

une navigation incohérente,

un formulaire inutilement complexe,

une absence de confirmation après une action.

Pris séparément, ces problèmes peuvent paraître mineurs.

Accumulez-les et l’expérience devient rapidement frustrante.

Le rôle du designer est donc également de se demander :

Qu’est-ce qui empêche l’utilisateur d’avancer naturellement ?

L’accessibilité devient une composante de la conception

Concevoir une bonne expérience signifie aussi prendre en considération la diversité des utilisateurs et des situations.

Lisibilité.

Contrastes.

Navigation.

Hiérarchie de l’information.

Compréhension des messages.

Utilisation sur différents appareils.

Alternatives aux informations uniquement visuelles.

L’accessibilité ne devrait donc pas être considérée comme une correction ajoutée à la fin d’un projet.

Elle fait partie des problématiques de conception.

Et cette évolution élargit les compétences attendues des designers numériques.

Des compétences recherchées bien au-delà du « beau design »

Le métier demande évidemment une culture visuelle et une maîtrise des principes d’interface.

Mais les compétences professionnelles vont beaucoup plus loin.

Un profil UI/UX doit progressivement apprendre à :

analyser un besoin, comprendre des usages, organiser l’information, construire des parcours, hiérarchiser les contenus, concevoir des wireframes, prototyper, recueillir et interpréter des retours, travailler sur l’accessibilité et collaborer avec les équipes techniques.

Le designer doit également être capable d’expliquer ses choix.

Pourquoi cette information apparaît-elle ici ?

Pourquoi cette étape est-elle nécessaire ?

Pourquoi ce bouton est-il prioritaire ?

Pourquoi avoir modifié ce parcours après un test ?

La conception devient ainsi une démarche argumentée, et non une succession de préférences esthétiques.

Quels outils ?

Figma occupe aujourd’hui une place importante dans les workflows de conception d’interfaces et permet notamment de travailler sur les wireframes, les composants, les prototypes et la collaboration.

D’autres outils peuvent intervenir pour la recherche, les ateliers collaboratifs, la documentation ou les tests.

Mais là encore :

Maîtriser un logiciel de design ne suffit pas à maîtriser le métier.

L’entreprise ne recherche pas simplement quelqu’un capable de produire une maquette.

Elle a besoin d’un professionnel capable de comprendre pourquoi cette interface doit être conçue de cette manière.

Le Design System : concevoir pour la cohérence et l’échelle

À mesure qu’un produit numérique grandit, maintenir la cohérence devient plus difficile.

Un bouton ne devrait pas changer de comportement ou d’apparence arbitrairement d’un écran à l’autre.

Même chose pour les couleurs, formulaires, menus, messages ou composants.

C’est l’un des rôles des Design Systems.

Ils permettent de construire un langage commun composé de principes, règles et composants réutilisables.

Pour les designers, cette logique demande une compétence supplémentaire :

ne plus seulement concevoir un écran, mais penser un système capable d’évoluer.

L’UI/UX Designer travaille au croisement de plusieurs métiers

Le travail est profondément collaboratif.

Selon les organisations, le designer peut échanger avec :

développeurs • Product Managers • graphistes • équipes marketing • responsables métier • utilisateurs • spécialistes de l’accessibilité • chefs de projet

Dans le jeu vidéo ou les expériences interactives, il peut également collaborer avec des Game Designers, programmeurs, artistes et Technical Artists.

Comprendre les contraintes des autres métiers devient donc essentiel.

Une proposition peut être excellente graphiquement et impossible à développer dans les délais.

Une fonctionnalité peut être techniquement impressionnante et ne répondre à aucun besoin utilisateur clairement identifié.

Le UI/UX Designer participe à la recherche d’un équilibre.

Et avec l’intelligence artificielle ?

L’IA transforme progressivement les outils de conception.

Elle peut faciliter certaines recherches exploratoires, générer des variantes, aider à organiser de l’information, accélérer certains prototypes ou assister la production de contenus.

Cela ne signifie pas pour autant que la compréhension de l’utilisateur disparaît.

Au contraire.

Plus il devient facile de générer rapidement des interfaces, plus une question prend de l’importance :

Pourquoi concevons-nous cette interface de cette manière ?

L’IA peut proposer.

Le designer doit toujours analyser, contextualiser, sélectionner, tester et décider.

Pourquoi les profils capables de comprendre les usages conservent-ils leur intérêt ?

Parce qu’une entreprise ne cherche pas uniquement à produire une interface.

Elle cherche à faire en sorte que quelqu’un puisse l’utiliser.

Et cela suppose de relier plusieurs dimensions :

UTILISATEUR + BESOIN + INTERFACE + TECHNOLOGIE + CONTEXTE

Cette capacité à créer des ponts explique l’intérêt des compétences UI/UX dans de nombreux projets numériques.

Elle explique également pourquoi les profils capables de travailler avec les développeurs, de comprendre les contraintes produit et de transformer des observations utilisateurs en décisions de conception peuvent être particulièrement utiles dans une équipe.

Quelles compétences développer pour se positionner ?

Pour un futur professionnel, connaître Figma constitue un début.

Mais le profil devient beaucoup plus intéressant lorsqu’il associe :

COMPÉTENCES MÉTIER

UX Research • architecture de l’information • parcours utilisateur • wireframing • prototypage • UI • accessibilité • Design Systems

MAÎTRISE DES OUTILS

Outils de conception, prototypage, documentation et collaboration.

COMPÉTENCES TRANSVERSALES

Observation • écoute • analyse • communication • argumentation • collaboration • capacité d’itération

EXPÉRIENCE PROJET

Être capable de montrer comment une problématique a été comprise, testée et progressivement résolue.

Nous retrouvons ainsi la logique qui traverse toute notre collection :

COMPÉTENCES MÉTIER + OUTILS + COMPÉTENCES TRANSVERSALES + EXPÉRIENCE PROJET = PROFIL PROFESSIONNEL

Le portfolio doit montrer davantage que des écrans

C’est un point particulièrement important.

Un portfolio rempli de belles interfaces peut démontrer des qualités graphiques.

Mais pour un profil UX, il doit également permettre de comprendre la démarche.

Quel était le problème ?

Qui étaient les utilisateurs ?

Qu’avez-vous observé ?

Quelles hypothèses avez-vous formulées ?

Comment avez-vous organisé le parcours ?

Qu’avez-vous prototypé ?

Qu’avez-vous testé ?

Qu’avez-vous changé après les retours ?

Le recruteur ou l’équipe projet peut ainsi découvrir non seulement ce que le candidat produit, mais aussi comment il réfléchit.

UI/UX Designer : un métier au service de la compréhension

À mesure que les produits numériques se multiplient, leur valeur ne repose pas uniquement sur leur sophistication technologique.

Elle dépend également de notre capacité à les comprendre et à les utiliser.

C’est là que l’UI/UX Designer intervient.

Non pour simplement rendre les interfaces plus belles.

Mais pour les rendre :

PLUS CLAIRES • PLUS COHÉRENTES • PLUS ACCESSIBLES • PLUS COMPRÉHENSIBLES

Le défi des prochaines années ne sera donc probablement pas uniquement de créer davantage de technologies.

Il sera aussi de concevoir de meilleures expériences pour interagir avec elles.

💼 LES MÉTIERS QUI RECRUTENT

Avec cette collection, l’Institut des Arts Numériques ne cherche pas à établir un classement figé des métiers qui « recruteraient le plus ».

Nous explorons les évolutions des métiers, les compétences mobilisées et les nouveaux besoins qui apparaissent dans les projets numériques, sans présenter la formation comme une garantie d’emploi.

Car pour comprendre les opportunités professionnelles, il faut regarder au-delà de l’intitulé du poste :

LE MÉTIER + LES COMPÉTENCES + LES OUTILS + LES SECTEURS D’APPLICATION

Et se poser une question essentielle :

Quelles compétences développer aujourd’hui pour être capable de contribuer aux projets numériques de demain ?

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