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DÉTECTER LES CENTRES D’INTÉRÊT ET LES APTITUDES

19 sept.
6 min de lecture


Quand le candidat ne connaît pas encore le métier, par quoi commencer ?

« Le numérique m’intéresse… mais je ne sais pas vraiment vers quoi aller. »

Pour un conseiller, un professionnel de l’emploi, de l’orientation ou de l’insertion, cette situation est familière.

La personne manifeste une envie. Elle est attirée par le jeu vidéo, la création numérique, la 3D, l’intelligence artificielle, le développement ou simplement par « le numérique ».

Mais lorsqu’on lui demande :

« Quel métier souhaitez-vous exercer ? »

la réponse devient beaucoup plus difficile.

Et c’est parfaitement compréhensible.

Comment choisir entre des métiers que l’on connaît encore peu ?

Comment savoir si l’on pourrait être attiré par le métier de Technical Artist, d’Environment Artist, de Level Designer ou de développeur temps réel lorsque l’on ignore parfois jusqu’à leur existence ?

Dans cette situation, chercher immédiatement un intitulé de métier ou une formation n’est pas nécessairement le meilleur point de départ.

Il peut être plus utile de commencer par la personne.

Le conseiller dispose déjà d’informations précieuses

Avant même de parler de compétences techniques, le professionnel de l’accompagnement peut faire émerger de nombreux indices.

Qu’est-ce qui intéresse la personne ?

Qu’aime-t-elle faire ?

Sur quels types d’activités peut-elle rester concentrée longtemps ?

Préfère-t-elle créer, comprendre, organiser, résoudre, raconter, expérimenter ?

Qu’est-ce qui lui donne envie d’aller plus loin ?

Ces éléments ne déterminent pas automatiquement un métier.

Et ils ne doivent surtout pas devenir des cases dans lesquelles enfermer une personne.

Ils permettent plutôt de construire des hypothèses à explorer.

L’objectif n’est pas de dire : « Vous êtes fait pour ce métier. »Il est de pouvoir dire : « Voici quelques univers professionnels qu’il pourrait être intéressant d’explorer. »

La nuance est essentielle.

Centre d’intérêt, aptitude et compétence : trois choses différentes

Ces notions sont parfois utilisées comme si elles étaient interchangeables.

Pourtant, elles ne racontent pas la même chose.

LE CENTRE D’INTÉRÊT

C’est ce qui attire la personne.

Elle aime les jeux vidéo, l’image, les technologies, les univers 3D, le dessin, la programmation, l’intelligence artificielle…

C’est une première porte d’entrée.

L’APTITUDE

C’est une disposition que l’on peut observer et développer.

Une personne peut montrer une facilité ou un goût particulier pour :

la représentation dans l’espace, la logique, l’observation, la résolution de problèmes, la narration, la précision, l’organisation, l’expérimentation…

LA COMPÉTENCE

Elle se construit.

Elle associe progressivement connaissances, méthodes, pratiques et maîtrise d’outils dans une situation donnée.

Une personne peut donc présenter des aptitudes intéressantes sans posséder encore les compétences professionnelles correspondantes.

Et c’est particulièrement important lorsque l’on accompagne un jeune, une personne en reconversion ou quelqu’un qui découvre un nouvel univers professionnel.

Ne pas commencer par les logiciels

« Il ne connaît pas Blender. »

« Elle n’a jamais utilisé Unreal Engine. »

« Il ne maîtrise pas Substance Designer. »

« Elle n’a jamais programmé. »

Ces informations sont utiles.

Mais elles ne suffisent pas pour écarter une piste.

Un logiciel s’apprend.

Une méthodologie s’acquiert.

Une compétence se développe.

Pour une personne qui découvre un secteur, il peut donc être intéressant de regarder également ce qui existe avant la maîtrise de l’outil.

La curiosité.

La logique.

La sensibilité visuelle.

La capacité à observer.

L’envie de comprendre.

Le goût de l’expérimentation.

La capacité à raconter.

La patience.

L’organisation.

Le travail collectif.

Autant d’éléments qui pourront ensuite être confrontés à la réalité des métiers.

Quelques questions simples peuvent ouvrir beaucoup de portes

Le conseiller n’a pas besoin de connaître l’ensemble des métiers du numérique créatif pour commencer l’exploration.

Il peut partir de questions très accessibles.

« Qu’aimez-vous faire lorsque vous créez ? »

Imaginer ?

Dessiner ?

Construire ?

Modifier ?

Donner du mouvement ?

Raconter ?

« Face à un problème, quelle est votre réaction ? »

Chercher comment cela fonctionne ?

Tester plusieurs solutions ?

Demander de l’aide ?

Observer ?

Recommencer jusqu’à trouver ?

« Qu’est-ce qui vous attire dans un jeu vidéo ? »

Les personnages ?

Les décors ?

Les règles ?

La manière dont on joue ?

Les effets ?

L’histoire ?

La technologie ?

Une seule question peut déjà faire apparaître plusieurs territoires professionnels.

Passer de « J’aime le jeu vidéo » à des pistes d’exploration

Prenons justement cet exemple.

Une personne explique :

« J’adore les jeux vidéo et j’aimerais travailler dans ce secteur. »

Cette information ne permet pas encore de choisir un métier.

On peut alors approfondir.

« Qu’est-ce qui vous fascine particulièrement dans un jeu ? »

Si la personne parle des univers et des décors, on pourra lui faire découvrir certains métiers liés à la 3D et à la création d’environnements.

Si elle s’intéresse surtout aux règles et aux mécanismes, le game design pourra devenir une piste à explorer.

Si elle aime comprendre comment le jeu fonctionne techniquement, certains métiers du développement pourront être présentés.

Si elle aime à la fois l’image et la technique, des métiers hybrides comme celui de Technical Artist pourront entrer dans le champ d’exploration.

Si elle parle avant tout de l’histoire et des personnages, les métiers liés à la narration peuvent être interrogés.

Nous ne venons toujours pas de choisir un métier.

Nous avons simplement transformé un intérêt très large en plusieurs hypothèses plus précises.

Et c’est déjà considérable.

Pour les personnes expérimentées, les aptitudes ne disparaissent pas derrière le CV

Cette démarche ne concerne d’ailleurs pas uniquement les personnes qui commencent leur parcours.

Un professionnel expérimenté peut également avoir développé, parfois sans les nommer, des aptitudes particulièrement transférables.

Un graphiste a pu développer un sens de la composition et de la hiérarchie visuelle.

Un professionnel de l’audiovisuel peut posséder une culture de l’image, du rythme et de la narration.

Un développeur peut avoir acquis une forte capacité de résolution de problèmes.

Un chef de projet peut disposer de compétences organisationnelles et collaboratives importantes.

Un professionnel issu d’un autre secteur peut également avoir développé des capacités d’analyse, de conception ou de coordination utiles dans certains environnements numériques.

Le travail consiste alors moins à demander :

« Que faut-il recommencer ? »

qu’à identifier :

« Sur quoi pouvons-nous nous appuyer pour construire la suite ? »

Attention toutefois à ne pas transformer les aptitudes en verdict

Détecter des centres d’intérêt et des aptitudes ne signifie pas effectuer un diagnostic définitif.

Une personne créative n’est pas obligatoirement destinée à un métier artistique.

Une personne logique n’est pas nécessairement développeur.

Quelqu’un qui aime jouer n’aimera pas forcément fabriquer des jeux.

C’est pourquoi nous privilégions une démarche progressive :

OBSERVER → QUESTIONNER → EXPLORER → EXPÉRIMENTER → VERBALISER → APPROFONDIR

L’expérimentation est particulièrement importante.

Découvrir concrètement une activité permet parfois de confirmer une intuition.

Ou au contraire de comprendre qu’un métier imaginé ne correspond finalement pas à ce que l’on recherchait.

Et cette découverte est elle aussi utile.

Le conseiller n’a pas besoin d’avoir toutes les réponses

C’est probablement l’un des messages les plus importants de cette série.

Le rôle du professionnel de l’accompagnement n’est pas de devenir expert du métier de Character Artist, de VFX Artist, de Level Designer, de Technical Artist ou de développeur Unreal Engine.

En revanche, il peut détecter les bonnes questions à poser.

Puis, lorsqu’une expertise sectorielle devient nécessaire, solliciter un interlocuteur métier.

C’est précisément la logique du Point d’appui Métiers & Compétences du numérique créatif mis en place par l’Institut des Arts Numériques.

Besoin d’un regard métier complémentaire ? Interrogez-nous.

Vous accompagnez une personne qui manifeste un intérêt pour la 3D mais ne connaît pas les métiers ?

Un candidat aime le jeu vidéo mais ne sait pas ce qu’il pourrait y faire professionnellement ?

Une personne possède des aptitudes créatives et techniques et vous souhaitez mieux comprendre les métiers hybrides à explorer ?

Un professionnel expérimenté envisage une transition et vous vous interrogez sur les compétences susceptibles d’être transférables ?

Sollicitez notre Point d’appui Métiers & Compétences.

Vous nous présentez une situation professionnelle anonymisée et votre question.

Nous pouvons alors apporter, dans notre champ d’expertise, un éclairage sur les métiers, les compétences, les différences entre plusieurs fonctions ou les pistes qui pourraient être explorées.

Le Point d’appui ne remplace ni le conseiller, ni un bilan de compétences, ni une évaluation formelle.

Et sa sollicitation n’implique aucune inscription à une formation de l’Institut.

Il apporte simplement un regard sectoriel complémentaire lorsque celui-ci peut être utile.

Vous connaissez la personne. Nous connaissons les métiers.

L’accompagnement peut alors reposer sur trois regards complémentaires.

LE CONSEILLER écoute • questionne • connaît le parcours

↓

LE POINT D’APPUI décrypte • explique • apporte des repères métier

↓

LA PERSONNE ACCOMPAGNÉE découvre • expérimente • précise progressivement son projet

L’objectif n’est pas de décider à sa place.

Il est de lui permettre de disposer de suffisamment de repères et d’expériences pour construire progressivement sa propre décision.

De l’intérêt au projet professionnel

Un intérêt n’est pas encore un métier.

Une aptitude n’est pas encore une compétence.

Et une formation n’est pas encore un projet professionnel.

Entre les trois existe tout un travail d’exploration.

CENTRES D’INTÉRÊT → APTITUDES → EXPLORATION → EXPÉRIMENTATION → MÉTIERS → COMPÉTENCES → PARCOURS

C’est précisément dans cet espace que la complémentarité entre la personne, le professionnel qui l’accompagne et l’expertise métier peut prendre tout son sens.

Institut des Arts Numériques

Point d’appui — Métiers & Compétences du numérique créatif

Vous connaissez le parcours.Nous connaissons l’évolution des métiers.Croisons les deux regards.

👉 Besoin d’un regard métier complémentaire ? Interrogez-nous.

 
 
 

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